Dessin et Scénario: Kentaro Miura
Nombre de volumes: En cours
Introduction
S’attaquer à Berserk, c’est s’attaquer à une œuvre maîtresse du manga Seinen. Lire Berserk c’est lire l’un des plus grands manga qui existe. Sombre, violent, original, beau, troublant… Je pourrai
vous en citer des adjectifs verbeux pour vous en foutre plein la gueule. Mais ce n’est clairement pas mon genre. Je vais simplement vous parler d’un manga qui m’a pris aux tripes, tout en
espérant lui rendre au mieux justice.
Car parler d’une telle œuvre et trouver les mots justes, sans avoir l’impression de chroniquer n’importe quel banal manga de Fantasy, la est tout le défi.
Guts, le guerrier noir
A la base Berserk, c’est avant tout son héros. Chose en sommes très banal et pourtant ! Combien de manga avez-vous lu, trouvant le héros aussi charismatique qu’une baleine morte, en vous
raccrochant aux personnages secondaires, tellement mieux foutus ?
Guts avec son bras métallique, son œil en moins et sa grande épée, qualifié dès le premier volume comme « un gros morceau d’acier », ne vous laissera pas indifférent. Dans les premiers
volumes on nous le décrit comme un personnage égoïste, qui se bat uniquement pour lui. On le voit juste poursuivre sa quête et pour lui tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins.
Solitaire de nature, il ne cherche pas à aider ni à être aidé et laisse mourir les plus faibles. Et rien que pour ce côté pourri, on adore ce personnage. Tellement il nous change de l’archétype
d’innombrables manga. Puis de volumes en volumes, on va découvrir une personnalité bien plus complexe qu’il nous y paraissait. Sans rentrer dans les détails, on va découvrir un personnage brisé
et plus fragile qu’il n’y semble.
Au tout début…
L’histoire est coupée, actuellement en trois cycles. Le premier nous pose le personnage de Guts, nous fait découvrir les God Hand (sorte de dieux des ténèbres dont on ignore tout) et de Griffith,
l’homme au casque de faucon noir dont on ignore tout, excepté qu’il semble avoir un lien fort avec notre héros. Et lorsque leur première rencontre s’achève, l’auteur fait un gigantesque retour en
arrière. Nous voila catapulté lors de la naissance Guts, lorsque le guerrier Gambino décide de le prendre sous son aile. Et ainsi on remonte petit à petit. Notre héros
grandit, on comprend mieux sa soif de combat, les tragédies qu’il a vécu. Sa rencontre avec Griffith et Casca (l’un des personnages féminin le plus abouti à ce jour dans un Seinen) et son entrée
dans la troupe du faucon.

Guerre médiévale ou œuvre fantastique ?
Et c’est déjà à ce niveau que l’œuvre nous impressionne. Les premiers volumes nous montraient un monde fantastique, peuplé de monstres et d’autres créatures aux pouvoirs magiques. Même Guts est
un personnage frappé d’une malédiction. Et pourtant, pendant plus d’une dizaine de volumes, tout le côté fantastique est mis de côté. On a l’impression de lire un manga se déroulant au Moyen-âge,
avec ses guerres et ses luttes pour le pouvoir. Le fantastique n’apparaît que par petites touches ci et là, mais ne semble que très anecdotique. Pourtant on sait très bien ou se dirige
l’histoire. Plus les années avancent, plus l’on se rapproche du premier tome. Alors quand va se produire le basculement ?
L’occultation
Ce basculement finit par se faire, mais je n’en dévoilerai rien. Je dirai simplement que tout se passe dans le volume 13. Le FAMEUX volume 13.
Ce volume est noir, sombre, viscéral, écoeurant et à la fois fascinant. Les personnages sont plongés dans une souffrance ultime. Pour vous dire, c’est la première fois que j’étais mal en lisant
un manga. Personnellement en ce qui concerne le destin de Casca, je n’arrivai pas à rester sur les pages. Et pourtant, malgré le dégoût, on ne peut que continuer de lire tant c’est
monstrueusement réussi. Guts le guerrier noir est né.
Et ce simple volume qui bascule définitivement la série dans une noirceur totale et une foutre réussite !
Guts, ce héros
La série reprend alors la où elle en était. Sauf que notre œil sur Guts, sur son comportement est totalement différent. Ses enjeux, ce qu’il doit protéger, sa vengeance, ce désir brûlant de
survivre, quitte à laisser tous les autres derrières. Tout s’explique. On arrive à comprendre ce qui le rend désormais aussi cruel et implacable et même parfois, un peu lâche. Car ce héros est
loin d’être parfait. Et cette part d’humanité en fait le meilleur héros à ce jour. Ce n’est pas quelqu’un de juste, de bon qui œuvre pour la justice. C’est une personne en quête de vengeance,
maudit, fort physiquement mais qui semble toujours à deux doigts de craquer mentalement.
Les ténèbres qui s’estompent.
Bon, comme je vous le raconte, vous me direz qu’on ne rigole pas beaucoup dans Berserk. Et pourtant ! L’humour est présent, surtout à travers le personnage de Puck. Son emploi, ou du moins
son contre-emploi, pourrait paraître totalement malvenue, mais il faut croire que l’auteur est capable de nous faire tout accepter. Sans en abuser, ce personnage permet de souffler un peu le
temps de quelques cases. Car on en a parfois bien besoin.
Une œuvre visuelle puissante
Au niveau du graphisme, seul les premiers volumes accusent un certain age et une maîtrise encore imparfaite. Mais une fois le cap franchi, je ne peux dire qu’une chose : Berserk est un
putain de beau manga. Les détails sont foisons, certaines pages sont tout simplement magnifiques et stylisé. Et en ce qui concerne la dynamique et la mise en page c’est tout simplement ce qu’on a
fait de mieux à ce jour ! On pourrait sans doute le comparer à Bastard !! De ce point de vue. D’ailleurs les traits des deux auteurs ne sont pas exempts de similitudes. Sauf qu’il me
faut admettre (en tant que fan infini de Bastard !!) que le tout est largement plus lisible. On est parfois à la limite du fouillis, sans jamais l’atteindre. Bref c’est beau, raffiné,
détaillé… Merde j’en ai marre de balancer tous ces adjectifs ! Ils ne décrivent pas un centième de la réalité. La langue Française est bien pauvre. Bref c’est graphiquement ultra immersif.
Préparez vous à scruter certaines pages pendant de longs moments.
Vous êtes encore la ? Allez plutôt le lire !!
J’arrive au bout de ma chronique et je suis pas sur d’avoir d’avoir dit tout ce que j’avais à dire. J’aurai pu vous parler en long et en large de personnages comme Griffith, Casca (aaaah Casca),
le Chevalier squelette… Mais j’ai l’impression que j’en dirai beaucoup trop. Et mon but est juste de vous peindre grossièrement l’œuvre, en aucun cas de vous gâcher ne serait-ce qu’un centième du
plaisir car ce serait criminel.
Mais attention tout de même. Glénat, dont l’édition est très respectueuse de l’œuvre, vend le manga enfermé dans un cellophane avec un gros sticker « pour public averti ». Et aucun
autre manga ne l’a mérité autant que lui. C’est d’une grande violence autant lors des combats que lors de certaines scènes érotiques. Tout est montré et sans la moindre pudeur tant que ça s’y
prêtre. On ne plonge pas dans la gratuité de certains titres qui ne cherchent qu’à secouer. Et tout cela reste d’une beauté graphique puissante. Mais l’on rentre tellement dans l’histoire que ça
peut laisser des traces. Vous trouveriez peut-être des scènes graphiquement plus horribles, mais elles ne vous prendraient pas aux tripes comme Berserk. Donc soyez prévenus. Mais il serait
franchement dommage de se priver de ce manga pour si peu.
Et le Futur ?
Maintenant l’œuvre n’est pas encore fini et certains pourraient penser qu’on ne peut pas poser de jugement définitif dessus. Moi je dis que si. Berserk est un de ces rares mangas dont on sent que
les tenants et aboutissants sont déjà reliés de façon spontanée. Et donc que la suite ne pourra en aucun cas être inférieur voir bien au contraire.
Allez ! La c’est fini !
Je peux dire que j’ai lu pas mal de manga. Et bien Berserk fait parti de ces titres rares, comme on en lit qu’une dizaine à tout casser. Qui nous marque et qui sera une influence et une référence
forte pour tout le reste de notre vie. Le genre d’œuvre dont rien que le fait de l’avoir lu nous rend bêtement fier.
Berserk est une œuvre tout simplement magistrale et que tout lecteur de manga ou même de bande dessinée se doit de connaître.
J’en reparlerai sûrement plus d’une fois ! Pour être bien sur que vous vous y mettrez ! D’autant que la, je voulais juste m’exprimer un peu pour moi-même. Pas sur que ce pavé soit très
digeste à lire.
Merci au site de fan : http://www.apresleclipse.net/ à qui j’ai piqué pas mal d’images (sans demander) et que j’ai longuement parcouru. Jetez-y un œil, ça vaut franchement le coup.