Mardi 6 janvier 2009
Dessin: Kentaro Miura
Scénario: Buronson
Nombre de volumes: 1



Comme quoi faut pas bosser bourré!

Je suis un grand fan de Miura. Berserk est surement l’œuvre la plus marquante que j’ai lu depuis fort longtemps. Et sur bien des points je trouve le titre bien plus aboutie que Bastard !!. Mais je reviendrai un jour sur ce diamant noir, car pour l’instant on va parler d’un One Shot du bonhomme sobrement nommé Japan. Miura au dessin et Buronson, le scénariste de Ken qui s’associent, il était acquis qu’on allait lire la un manga d’exception.


Du coup la chute est bien douloureuse. Parce que très franchement, Japan n’a aucune qualité. D’ailleurs je me demande bien si je vais réussir à trouver assez de matière pour faire une chronique. Alors on va se la jouer fastoche en faisant trois parties bien distinctes comme pour une dissertation niveau collège. C’est une solution de facilité, mais ce titre ne mérite pas un meilleur traitement.


Donc commençons par la chose qui fâche : le scénario. La belle légende nous narre un monde Post-Apocalyptique, ou les Japonais sont devenus les esclaves des Néo-Européens. Pourquoi ? Parce qu’ils ont pollués la planète ces salauds !!! Ah et aussi parce qu’ils n’ont jamais rien fait pour changer leurs images aux yeux du reste du monde. Bon j’avoue que je vous raconte ça mal exprès pour que vous vous rangiez derrière mon avis sans discuter (parce que je suis Néo-Européen), mais il faut admettre qu’au départ l’histoire avait de quoi être passionnante ! Imaginez-vous ça : une réflexion sur un Japon prétentieux qui se renferme sur lui-même et un Occident qui se croit Tout-Puissant. Une critique ou personne n’est épargné. Ouais bah fallait pas espérer aussi subtil : les Japonais qu’on nous présente sont juste des gros Beauf (alors qu’ils sont ados... top crédibilité !) Et les Néo-Européens sont juste des Nazis. J’ai pleuré à chaudes larmes devant tant de banalité. Le summum du ridicule revient à cette séquence ou des pauvres enfants de Barcelone vont coller les touristes Japonais et que ceux-ci leurs jettent des pièces à la sauce « Tenez gueux !!! ». Bienvenue donc à Barcelone, la nouvelle capitale du Tiers-monde ! Mais bon ça c’est au début, avant que tous les gentils soient envoyés dans le futur et se retrouvent donc dans un monde sauce Ken le survivant, avec les déserts et les villes en ruine, l’originalité en moins. Tout n’est qu’un ersatz en bien pourri de l’œuvre majeure de Buronson. Pire ! On a presque l’impression que l’auteur s’auto-parodie : « Oh les Yellow Pirates ! Ce sont des méchants sans foi ni loi !! » « Comment oses-tu tuer quelqu’un de ta race ??? Il faut lutter contre l’oppresseur !! » « On baisera quand tu m’aimeras ». En clair des personnages et des situations qui frisent la caricature et qui sont indignes d’un Buronson. C’est cool ! Oh et je m’attarderai pas sur la pseudo-polémique « les propos sont malsains, c’est peut-être raciste ». Ce n’est rien de tout ça ! C’est juste balourd et très mal agencé. Et même si ça l’étais…. Bah le fait étant qu’on s’emmerde, donc la n’est même pas le problème.


Bon on l’a pigé ! Buronson est dans les choux. Mais il reste Miura !!! Ouais !! Lui il va redresser la barre ! Même si le scénario est sans intérêt, au moins le dessin sera beau ! Enfin c’est toujours sympa de rêver, mais la réalité comme on le sait n’est qu’une grande déception. La preuve étant que le premier truc qu’on fait lorsqu’on nait, c’est chialer. Révélateur et sans aucun rapport avec ce dont on parlait. Bref l’œuvre est censée être plus jeunette que Berserk, Japan datant de 92 et la Masterpiece de 89. On se dit donc que ça doit être pas trop mal. Mais qu’on se comprenne : je sais que 92 ce n’est pas tout jeune non plus et qu’a cette époque Miura ne dessinait pas encore aussi superbement qu’aujourd’hui. Je vous le concède sans problème. Mais la c’est juste encore plus moche que le premier tome de Berserk. Le personnage principal ressemble à…. A rien !!! On dirait un ballon de baudruche en forme de Guts qu’on aurait trop gonflé ! Ca déborde de partout et c’est hyper laid ! Le design général n’est qu’une resucée de l’univers de Ken et la « jolie » fille à une tête de triangle auquel on aurait ajouté des yeux et une perruque !!! C’est pas beau du tout ! Surtout au niveau de la mise en page et de certains angles (très Miurien) qu’il ne maitrise pas vraiment à cette époque, donnant un rendu des plus ignobles. Et histoire d’enfoncer le clou : les connaisseurs vous diront que si les premiers volumes de Berserk restent acceptables, c’est que l’auteur compense sa faiblesse par un univers et des décors ultra-riches ! Ca fourmille partout de détails ! Mais la pas du tout. Donc ne vous fiez pas à la jolie illustration crayonnée qu’on voyait durant la campagne de pub, car ça n’a absolument rien à voir.


Allez j’arrête le carnage et tant pis pour la troisième partie ! Ca me fait plutôt mal de taper sur un des mangaka que j’admire le plus et sur un scénariste que je respecte beaucoup. Je ne sais pas quand ce projet à été réalisé, surement que les deux étaient trop occupés pour le faire sérieusement, parce que le résultat dépasse toutes les espérances, mais dans le mauvais sens. Deux talents réunis qui nous offrent une piètre prestation et le plus mauvais One Shot que j’ai du lire depuis bien longtemps (ça contrebalance avec Berserk), avec ce sentiment de bâclé qui persiste de la première à la dernière page. Ultra moche, ultra cliché : Japan est une aberration. Une vilaine verrue dans la carrière de deux grands du manga… comme quoi personne n’est parfait. Sur ce je vous laisse. Je vais me requinquer en lisant le tome 27 de Berserk !


Par Chevalier Shakka - Publié dans : Seinen bien méchant qui tue - Communauté : Les critiques Manga
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