Mardi 2 septembre 2008
Dessin et Scénario:  Rei Hiroe
Nombre de volumes: En cours


Girl with Guns... So damn cool!



En terme de manga je n’ai jamais considéré avoir de gouts ciblés. Je peux aimer un manga de sport, de baston, d’humour, de romance… bref ce n’est pas le genre qui me dicte ce que je lis ou pas. Mais avec l’âge, il est clair qu’il y a certains styles en particulier qui vont me charmer très facilement. Black Lagoon en fait indéniablement parti. Et pourtant ce fut bien long avant d’avoir ce titre entre les mains. Car après qu’on m’ait chaudement recommandé son acquisition, j’ai eu l’avis totalement inverse. Cela m’a quelque peu refroidi il faut le dire. Mais comme je suis d’un naturel positif, j’ai fini par écouter mon cœur et je me suis plongé dans cette histoire qui sent bon la poudre et la cigarette.

 

Dans le genre cool, ce manga est sans doute ce qu’on fait de mieux. Car ce qui fait avant tout la grande force de Black Lagoon, c’est son ambiance. C’est le genre de titre qui joue surtout sur le style et le charisme de ses personnages. A bord d’un vieux torpilleur (le Black Lagoon), se trouve une fine équipe de 4 pirate des mers très hétéroclites. Tous viennent d’un milieu complètement différent et n’ont qu’un seul point commun : c’est d’avoir été rejeté par la société. Une bande de gangsters tout droit sorti d’un film de Tarantino ou Rodriguez. Avec en prime un personnage principal ultra sexy et ultra dangereux, sans code moral, répondant au doux nom de Levy qui, je crois, peut être qualifiée comme l’un des personnages le plus ghetto que nous ait offert le manga jusqu'à aujourd’hui. Une véritable tête brulée que l’auteur prend un malin plaisir à mettre en action, pour notre plus grand plaisir.

 

Autours de ça gravite un gang russe sous les ordres d’une femme-fatale, la Triade, des Nazis, le Jihad, des Nonnes trafiquantes d’armes et j’en passe. Des bonnes histoires de gangsters et de lutte pour le pouvoir à l’ancienne. Ca complote, ça trahit et surtout ça fusille. Tout ça entre deux verres au Yellow Bar, repaire enfumé rempli de truands et autres chasseurs de primes du coin. Bref on ne cherche pas à réinventer le genre, mais on se fait surtout plaisir avec des histoires bien calibrées avec leurs lots de bad guys, de gouvernement ripoux et de situations explosives. Tout ça dans une ambiance glauque à souhait toute droit sortie des films noirs avec des personnages désabusés et un discours ultra pessimiste sur l’être humain en général. On tue pour le fric, on tue par idéalisme, mais surtout on tue pour sauver sa peau.

Mais l’important, c’est de tuer avec classe.

 

Car dans Black Lagoon, on prend la pose, on tue avec style, on se la joue, on balance des vannes qui puent la classe. En clair : on se la raconte grave. Et c’est essentiel d’apprécier ce genre d’ambiance, de mise en scène et de personnage. Si vous n’aimez pas ces ingrédients, il est indéniable que vous allez grave vous faire chier. Black Lagoon ce n’est quasiment que ça : des personnages stylés avec des gros flingues et la clope au bec (parce que c’est juste ultra graphique) qui fusillent à tout va. C’est clairement un manga pour les Big Boys au sens propre. L’ambiance est dure, l’humour est noir et les personnages prennent un malin plaisir à être plus cyniques les uns que les autres.

Avec toutes ces références étrangères et ses personnages venus des quatre coins du globe, on est clairement plus proche d’une ambiance film à l’Américaine que d’une ambiance manga. Mais certaines touches ici et là et certains personnages n’y trompent pas.

 

Le seul truc que je pourrai reprocher là-dedans, c’est l’éditeur ! Kabuto qu’il se nomme ! Et je ne connaissais pas avant d’acheter ce manga. D’ailleurs l’achat des volumes s’est vite transformé en chasse au trésor. Mais surtout, quelques secondes avec le bouquin en main et on sent le problème : une couverture super classe mais toute fine, avec une jaquette qui parait immédiatement grasse dès qu’on pose les doigts dessus. Et lorsque vous ouvrez un volume, vous n’avez qu’une peur : que toutes les pages se détachent et finissent sur vos genoux. Bref ça sent la fragilité et la mauvaise qualité. Sans parler des retards dans les sorties. Vraiment dommage. Seul bon point : le respect du format.

 

Au final un manga adulte, violent, noir, classe et qui mérite qu’on prenne son temps pour le savourer, mais qui ne plaira définitivement pas à tout le monde. Quant à l’Anime j’en sais rien je ne l’ai pas vu. Et j’avouerai ne pas être très tenté. D’autant que si vous voulez mon avis, même si l’Opening claque grave et donne bien le ton de la série… à mon gout, un film noir c’est toujours meilleur quand c’est en noir et blanc.

Alors si vous pensez en avoir le cran, venez donc faire une petite croisière sur le Black Lagoon et demandez à Levy qu’elle vous danse un petit Tango. Vous ne devriez pas être déçu de la ballade.

 

 


Par Chevalier Shakka - Publié dans : Seinen bien méchant qui tue - Communauté : Les critiques Manga
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Publicité

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus