Dessin et Scénario: Masami Kurumada
Nombre de volumes: 28
Eveilles toi au 12ème sens!
Figurez vous que j’étais chez moi ! Je vous dis ça histoire que vous puissiez me situer dans l’espace. Mais en faisant cela je m’écarte du sujet. Bref j’étais chez moi et je me demandais bien ce que je pourrai chroniquer. En ce moment je n’ai rien d’incroyablement génial et rien de gravement pourri. Du coup j’étais pas inspiré. Puis s’est créé un miracle : on va profiter de la sortie prochaine de The Lost Canvas pour parler de Saint Seiya ! Et pour ça, commençons par le seul, l’unique, l’original de Masami Kurumada !
Saint Seiya c’est l’un des fondateurs de la vague manga en France. Sans lui vous ne liriez peut-être pas vous mangas tout nuls avec des filles à moitié nues dedans ou avec des mecs qui ont des bulles de savon quand ils parlent ! Car franchement, les jeunes d’aujourd’hui ont des gouts de chiotte ! Ou sont passés les bonnes valeurs hein ? Avant on savait raconter des histoires viriles ! De mec ! D’amitié et tout ça ! Aujourd’hui c’est des trucs pédophiles et incestueux !! Saint Seiya, ça c’était du vrai manga ! M’enfin, est-ce encore le cas après tant d’années ? Parce-que bon, le temps passe et le Mythe a un perdu de sa splendeur au lavage.
Bah oui c’est vrai ! Ca a pris un sacré coup de vieux les aventures de Seiya et ses potes. Tout respire une sorte de ringardise dans la façon de raconter l’histoire, de dessiner et même les
valeurs sont décrites de façon un peu kitsch. Du coup, au second degré vous aurez une œuvre savoureusement drôle comme l’auteur n’avait pas du le prévoir. On a ces merveilleux moments de bravoure
ou nos héros clament leurs amours de la juste entouré d’étoiles scintillantes (ou alors vous avez l’option « la Terre elle est belle » entouré de papillons et de fleurs).
On a aussi ces phrases bien viriles comme on en fait plus, qu’on croirait sortie de GTO . Par exemple vous avez ce dialogue, ou un Chevalier d’argent explique que son corps qui n’a jamais été
blessé est une preuve de sa force. Réponse de Seiya:
« -Ne jamais avoir été blessé n’est en rien glorieux ! Les blessures sont au contraire la preuve du courage dont un homme à fait preuve ! C’est une sorte de décoration pour lui ! »
C’est pas beau cette virilité ?
Et en plus de ça vous avez un super scénario coupé en trois parties ! La première, et la plus célèbre, le Sanctuaire et ces chevaliers d’Or. Mais la ou Kuramada a fait très fort, c’est avec la partie Poséidon. Car il a tout simplement osé raconter la même histoire deux fois de suite. Si on schématise, le Sanctuaire c’est les 12 maisons du Zodiaque a traverser dans un délai imparti, chacune gardées par un chevalier très puissant, avant que la flèche plantée dans le cœur d’Athéna ne la tue. Poséidon, c’est 7 piliers à détruire, chacun gardés par un chevalier très puissant, avant qu’Athéna ne meure noyé. Oui, il y a comme un air de ressemblance pas vrai ? Et comme si ça suffisait pas, on a les mêmes rebondissements du genre :
Shiryu : « Oh zut ! J’ai encore perdu la vue ! »
Hyoga : « Oh zut ! Après mon maitre, je dois encore tuer un ami ! »
Shun : « Hikki mon frère ! Aide-moi ! »
Seiya : « Bon sang ! Si seulement j’avais une armure d’or ! Oh miracle en voila une ! »
Kanon : « J’étais méchant, mais maintenant je suis cool ! »
La raison pour laquelle Kuramada s’est amusé à nous raconter une deuxième fois la même histoire en pensant qu’on ne le remarquerait pas… Ca m’échappe totalement.
Après a suivi la partie Hadès, qui aurait pu se faire sans fausse note, si la fin n’avait pas été faite comme un boucher avec ses coïncidences un peu grosses (« Bon
sang ! Si seulement j’avais du sang d’Athéna ! Moi aussi j’aurai une armure divine ! Oh ben tien ! Y’en a par terre ! »). Oui je sais que la publication a été
raccourcie et qu’il a fallu conclure en urgence et c’est bien dommage.
Ajoutez à ça un style graphique inimitable ! Car il ne faut pas oublier ces personnages androgynes, ces larmes dessinées comme des cascades, ou les héros qui auraient soi-disant 14 ans (oui
oui ! Seiya il a 14 ans en fait). Plus la honte ultime : des armures tellement pourris au début, que la Toei ne les a pas gardées comme modèle au début de l’adaptation en la série
(hé ! y’a des jouets à vendre derrière). Heureusement, le bonhomme s’est amélioré par la suite.
Je vous vois venir avec vos esprits tordus. Vous pensez que je n’aime pas Saint Seiya. Et bien c’est totalement faux ! J’adore Saint Seiya ! J’ai pris un pied fantastique à redécouvrir cette œuvre en manga à l’époque. Les personnages surpuissants avec des armures ultra cool, le fond mythologique qui donne une aura de dingue, les combats titanesques, ces personnages qui se relèvent à bout de force pour la énième fois en hurlant « Que mon cosmos s’enflamme jusqu'à son paroxysme !!!! », des héros au sens de la justice comme on en fait plus. Saint Seiya c’est simplement une grande œuvre. Mais voila, ça ne m’empêche pas de voir ses défauts : une narration d’une autre époque ; des dessins pas toujours sublimes, une fin un peu expédiée et surtout, le plus impardonnable : une seconde partie complètement bidon (même Asgard, qui serait aujourd’hui considéré comme des épisodes Hors-séries, était juste incommensurablement meilleur).
En clair, Saint Seiya c’est comme un vieux film, il faut regarder ça sans oublier de quand ça date et accepter ce côté désuet qui s’en dégage (ce qui lui donne également un certain charme). Un
Shonen pur jus, comme on en fait plus, réservé aux nostalgiques et à ceux qui savent apprécier un vieux crû à sa juste valeur. Mais il est certain que quelqu’un élevé à des titres trop
contemporain ne pourra pas en savourer toute les subtilités.
Saint Seiya : l’unique chef-d’œuvre d’un certain Masami Kurumada.
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