Dimanche 6 juillet 2008
Dessin et Scénario:  Masami Kurumada
Nombre de volumes: 28


Eveilles toi au 12ème sens!

Figurez vous que j’étais chez moi ! Je vous dis ça histoire que vous puissiez me situer dans l’espace. Mais en faisant cela je m’écarte du sujet. Bref j’étais chez moi et je me demandais bien ce que je pourrai chroniquer. En ce moment je n’ai rien d’incroyablement génial et rien de gravement pourri. Du coup j’étais pas inspiré. Puis s’est créé un miracle : on va profiter de la sortie prochaine de  The Lost Canvas pour parler de Saint Seiya ! Et pour ça, commençons par le seul, l’unique, l’original de Masami Kurumada !

Saint Seiya c’est l’un des fondateurs de la vague manga en France. Sans lui vous ne liriez peut-être pas vous mangas tout nuls avec des filles à moitié nues dedans ou avec des mecs qui ont des bulles de savon quand ils parlent ! Car franchement, les jeunes d’aujourd’hui ont des gouts de chiotte ! Ou sont passés les bonnes valeurs hein ? Avant on savait raconter des histoires viriles ! De mec ! D’amitié et tout ça ! Aujourd’hui c’est des trucs pédophiles et incestueux !! Saint Seiya, ça c’était du vrai manga ! M’enfin, est-ce encore le cas après tant d’années ? Parce-que bon, le temps passe et le Mythe a un perdu de sa splendeur au lavage.

Bah oui c’est vrai ! Ca a pris un sacré coup de vieux les aventures de Seiya et ses potes. Tout respire une sorte de ringardise dans la façon de raconter l’histoire, de dessiner et même les valeurs sont décrites de façon un peu kitsch. Du coup, au second degré vous aurez une œuvre savoureusement drôle comme l’auteur n’avait pas du le prévoir. On a ces merveilleux moments de bravoure ou nos héros clament leurs amours de la juste entouré d’étoiles scintillantes (ou alors vous avez l’option « la Terre elle est belle » entouré de papillons et de fleurs).
On a aussi ces phrases bien viriles comme on en fait plus, qu’on croirait sortie de GTO . Par exemple vous avez ce dialogue, ou un Chevalier d’argent explique que son corps qui n’a jamais été blessé est une preuve de sa force. Réponse de Seiya:

« -Ne jamais avoir été blessé n’est en rien glorieux ! Les blessures sont au contraire la preuve du courage dont un homme à fait preuve ! C’est une sorte de décoration pour lui ! »

C’est pas beau cette virilité ?

Et en plus de ça vous avez un super scénario coupé en trois parties ! La première, et la plus célèbre, le Sanctuaire et ces chevaliers d’Or. Mais la ou Kuramada a fait très fort, c’est avec la partie Poséidon. Car il a tout simplement osé raconter la même histoire deux fois de suite. Si on schématise, le Sanctuaire c’est les 12 maisons du Zodiaque a traverser dans un délai imparti, chacune gardées par un chevalier très puissant, avant que la flèche plantée dans le cœur d’Athéna ne la tue. Poséidon, c’est 7 piliers à détruire, chacun gardés par un chevalier très puissant, avant qu’Athéna ne meure noyé. Oui, il y a comme un air de ressemblance pas vrai ? Et comme si ça suffisait pas, on a les mêmes rebondissements du genre :

Shiryu : « Oh zut ! J’ai encore perdu la vue ! »

Hyoga : « Oh zut ! Après mon maitre, je dois encore tuer un ami ! »

Shun :  « Hikki mon frère ! Aide-moi ! »

Seiya : « Bon sang ! Si seulement j’avais une armure d’or ! Oh miracle en voila une ! »

Kanon : « J’étais méchant, mais maintenant je suis cool ! »

 

La raison pour laquelle Kuramada s’est amusé à nous raconter une deuxième fois la même histoire en pensant qu’on ne le remarquerait pas… Ca m’échappe totalement.
Après a suivi la partie Hadès, qui aurait pu se faire sans fausse note, si la fin n’avait pas été faite comme un boucher  avec ses coïncidences un peu grosses (« Bon sang ! Si seulement j’avais du sang d’Athéna ! Moi aussi j’aurai une armure divine ! Oh ben tien ! Y’en a par terre ! »). Oui je sais que la publication a été raccourcie et qu’il a fallu conclure en urgence et c’est bien dommage.
Ajoutez à ça un style graphique inimitable ! Car il ne faut pas oublier ces personnages androgynes, ces larmes dessinées comme des cascades, ou les héros qui auraient soi-disant 14 ans (oui oui ! Seiya il a 14 ans en fait). Plus la honte ultime : des armures tellement pourris au début, que la Toei ne les a pas gardées comme modèle au début de l’adaptation en la série (hé ! y’a des jouets à vendre derrière). Heureusement, le bonhomme s’est amélioré par la suite.

Je vous vois venir avec vos esprits tordus. Vous pensez que je n’aime pas Saint Seiya. Et bien c’est totalement faux ! J’adore Saint Seiya ! J’ai pris un pied fantastique à redécouvrir cette œuvre en manga à l’époque. Les personnages surpuissants avec des armures ultra cool, le fond mythologique qui donne une aura de dingue, les combats titanesques, ces personnages qui se relèvent à bout de force pour la énième fois en hurlant « Que mon cosmos s’enflamme jusqu'à son paroxysme !!!! », des héros au sens de la justice comme on en fait plus. Saint Seiya c’est simplement une grande œuvre. Mais voila, ça ne m’empêche pas de voir ses défauts : une narration d’une autre époque ; des dessins pas toujours sublimes, une fin un peu expédiée et surtout, le plus impardonnable : une seconde partie complètement bidon (même Asgard, qui serait aujourd’hui considéré comme des épisodes Hors-séries, était juste incommensurablement meilleur).

En clair, Saint Seiya c’est comme un vieux film, il faut regarder ça sans oublier de quand ça date et accepter ce côté désuet qui s’en dégage (ce qui lui donne également un certain charme). Un Shonen pur jus, comme on en fait plus, réservé aux nostalgiques et à ceux qui savent apprécier un vieux crû à sa juste valeur. Mais il est certain que quelqu’un élevé à des titres trop contemporain ne pourra pas en savourer toute les subtilités.
Saint Seiya : l’unique chef-d’œuvre d’un certain Masami Kurumada.

par Chevalier Shakka publié dans : Shonen old school communauté : Les critiques Manga
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Mardi 24 juin 2008
Dessin et Scénario:  Norihiro Yagi
Nombre de volumes: En cours


Sang et tripailles avec feminité

Des mangas d’Heroic Fantasy, y’en a un sacré paquet. Et en majorité on retrouve des titres complètements nazes, qui se contentent de pomper tous les poncifs du genre (dragons, lutins, elfes) façon Brave Story. Oh bien sûr, au dessus de tout ça on trouve des œuvres géniales tel Berserk ou Bastard !! Mais c’est rare hein. Et puis y’a des titres pas forcément très originaux, mais qui tirent leurs épingles du jeu. Claymore est de ceux là.

J’avoue que la première chose qui m’a tapé dans l’œil durant mon intensive lecture, c’est le trait. Vous me dire c’est normal pour un manga. Je vous réponds que de telles blagues sont indignes de vous. Un trait très fin et élégant allié à des décors désespérément vides. Mais pour une fois, je trouve que c’est classe. Pas de surcharge de décors ou d’arrière plans fumeux fait grossièrement à la trame. Toute notre attention se focalise sur les personnages et ça marche plutôt bien. Cette absence de détail est en parfaite cohérence : ce sont les personnages qui priment.

Car dans Claymore, pas d’explications bidons histoire de crédibiliser un pseudo-monde fantastique. On rentre directement dans l’aventure et on s’emmerde pas avec une introduction censée nous poser les cadres de l’histoire. Les personnages, les lieux tout ça…on les découvrira au fur et à mesure, quand ça s’avérera nécessaire. Et ça c’est tellement rare dans l’Heroic Fantasy, que c’est un véritable bonheur.
Du coup, les limites de ce monde fantastique ne sont pas clairement définies. Ca pourrait être une faiblesse mais comme la trame ne tourne pas autours d’une guerre gigantesque, on se fout de l’univers. On se doute bien qu’il est d’un classicisme absolu, pas besoin de nous l’expliquer. Et ça l’auteur l’a bien compris.
Et une fois entrée dans l’histoire, on trouve cette narration tellement plus fluide et agréable. Je me répète, mais ça fait un bien fou !! Car la seule chose qui compte dans Claymore, ce sont ses personnages.

Aaaaah, ces personnages… Hahaha quel bonheur j’ai envie de dire ! D’ailleurs je le dis : quel bonheur ! Y’a que des gonzesses dans ce foutu manga !!! Bon non pas tout à fait. Mais toute les Claymore, sortes de guerrières formées pour foutre une correction à des méchants monstres, sont uniquement des femmes. Ca peut paraître débile, mais j’ai trouvé ça juste cool. D’ailleurs, la raison pourquoi seules les femmes peuvent devenir des Claymores… c’est juste la mega classe. Et ça nous change du héros entouré d’une potiche et trois faires valoir. Et cette atmosphère féminine que dégage le titre, lui donne une saveur particulière franchement agréable. Ouaip, Claire est une héroïne de shonen qui n’a pas à rougir de ses camarades masculins, bien au contraire.

Le seul défaut du titre serait d’être un Shonen : on n’évite malheureusement pas quelques tares du genre : les Claymores sont classées par numéro, de la plus faible à la plus balèze. Et chez les monstres il y a les supers-monstres encore plus puissants. Et que même dans ces supers monstres, y’a encore une autre classe encore plus top de dingue, qui est trop forte en natation. Bref, ces petits codes si chères au genre, mais si chiant pour le coup (même si au début c’était marrant). Car l’histoire n’a clairement pas besoin de ce bordel hiérarchique pour juste nous dire que « machine affronte une ennemie 27 fois plus balèze qu’elle !!! ». On s’en fout ! On voit bien quand l’héroïne galère ou pas !

Heureusement tout ceci semble s’atténuer avec le temps : les personnages et l’intrigue s’étoffe au fur et à mesure, laissant de côté l’aspect un poil trop « Top 50 ». D’autant que la pour le coup, la oui on peut le dire ! C’est pas du flanc comme FMA ! Claymore déborde de plus en plus sur le Seinen. Les combats sont certes nombreux, mais ultra courts, ce qui évite un rallongement artificiel de l’intrigue. Et la violence se fait de plus en plus dure. Est-ce que, tel Bastard !!, l’œuvre engagerait un virage pour viser un public plus mature ? C’est franchement ce que je lui souhaite, car on sent que le grand potentiel du titre attend de sortir de cette narration trop manichéenne pour nous exploser au visage.

D’ailleurs en parlant référence, on a beaucoup dit que Claymore, c’était le Berserk au féminin. Et la tout de suite les fans ont criés « Mais n’importeuh koa !!! ». Bah nan, c’est clair que l’inspiration est flagrante : personnage solitaire, qui affronte des monstres, au désir de vengeance et à l’enfance tragique, qui possède une malédiction et au départ fait preuve de froideur avant de trouver un compagnon dans son aventure.
Alors si Claire n’est pas Guts, le cousinage n’est pas inexistant non plus. Et en dehors de ça, le traitement, l’intrigue et tout le reste n’a pas grand rapport. Mais il ne faut pas nier ce qui est indéniable : Il y a des similitudes mais qui sont plus proche de l’inspiration que du plagiat.

Et donc pour enfin boucler, parce qu’on rigole mais hein ! Faudrait peut-être conclure ! Et bien Claymore est un titre d’Heroic Fantasy au potentiel énorme, avec des personnages qui ne cessent de monter en puissance. Ajoutez à ça une narration et un dessin en parfait accord. Vous avez un titre d’excellente facture. En espérant qu’il continue sur cette lancée et qu’il tienne les espoirs qu’on place très rapidement en lui. Pour l’instant c’est bien parti.
Et si vous êtes pas convaincu, faisons la plus simple : des mignonettes en armure légères, qui tranchent du monstre par paquet. C’est tout simplement un des postulats les plus cools qu’on puisse faire.


par Chevalier Shakka publié dans : Shonen old school communauté : Les critiques Manga
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Lundi 23 juin 2008
Dessin et Scénario:  Fumino Hayashi
Nombre de volumes: 6


L'immondice continue

Et c'est reparti mon kiki! C'est avec un joie non feinte que j'ai enfin mis la main sur le troisième volume de Neon Genesis Evangelion: The Iron Maiden 2nd! Wouw! J'ai enfin réussi à le dire en entier et croyez moi, c'est pas de la tarte!

C'est pas non plus de la tarte de le lire en entier. Car si je suis jouasse, ce n'est pas parce que le coquinou est bon, bien au contraire. C'est la pire cochonnerie estampillée Eva qui puisse exister. Vous imaginez que j'en préférai une sortie de Re-take? Cela dit, on rigolerai moins!

Et donc troisième volume de l'insipide titre de Fumino Hayashi, qui ferait passer l'adaptation de Sadamoto pour un modèle de réussite et de génie. Alors qu'est ce qu'il nous réserve de beau le grand garçon? Ouh si vous saviez comme je suis excité!

Et bien de beau, rien! Le dessin est toujours aussi minable. Vous pensez que je mens? Vous avez bien raison, vu qu'il arrive par on ne sait quel force, a faire un dessin encore plus cradingue qu'avant! Imaginez quand même que y'a aucune différence entre le dessin et les postfaces de fin de volumes (qui en général sont moins soignés). J'adore la séquence ou Kaworu pointe Rei du doigt. J'ai mis 3 secondes à capter que c'était doigt quand même. Bref c'est ignoble, on ne reconnaît même plus Asuka (alors qu'il avait tendance à la soigner un peu plus). Vous l'avez compris! Ce mec n'a aucun talent graphique! Et niveau histoire dites donc??

Et bien un peu comme Rosario + Vampire, le mec a dû se réveiller en panique après son volume 2 et a décider de faire un bond en arrière! Et la je dirai pas que c'est mauvais (même si ça l'est). C'est surtout troublant, un peu désespéré même. Fini les Eva, les Anges et tout ça! Revenons aux petites amourettes et aux ch'tites n'intrigues toute mignonnes façon volume 1. Mais ce coup ci on gobe plus. Ce changement de ton est injustifié. Bon si en fait! On se dit qu'il essaye de sortir du bordel dans lequel il s'est mis, mais c'est vain! Les déclarations amoureuses s'enchaînent tu comprend pas pourquoi. Sûrement que le gars se disait "Oh putain! Faut un rebondissement là!!!". Juste à un moment les personnages se disent que quand même, les événements qu'ils ont vécus dans le tome 2 semblent irréels. C'est plutôt ce manga qui semble irréel. J’ai adoré le petit côté « Je fais des références informatiques supers pointus », avec Ritsuko qui se rend, je cite, dans « la salle des processeurs ». Je suis nul en informatique, mais dites moi… Ca existe ?

Bon franchement c'était bien tenté le coup de "revenez! Je refais du sentimental". Mais c'est trop tard. On n'accepte plus et le dessin est trop crade pour qu'on s'attache. D'autant que à la fin: BOUM! Les Anges sont de retour! Ca va se fritter à nouveau.

On constate de façon trop flagrante que l'auteur danse d'un pied sur l'autre, sans trop savoir ou se diriger. Alors il essaye des trucs pour s'en sortir alors qu'il est totalement aux aboies. Il est complètement dépassé par sa matière d'origine. Ne sachant pas si il faut se décomplexer totalement et dire "Fuck la série! je fais comme je le sens", ou si il faut être fidèle à l'œuvre d'origine C'est poilant d'assister à ça. C'est ce que qualifierai Misato (la vraie) de : "La tragédie des gens possédés par les Eva".
Courage! Nous n'en sommes qu'à la moitié!!!


par Chevalier Shakka publié dans : Shojo fleur bleu Kawaii communauté : Les critiques Manga
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Jeudi 19 juin 2008
Dessin: Asu Tsubaki
Scénario:Mattsu
Nombre de volumes: En cours


Joliment Marrant

« Depuis toujours dans les comédies sentimentales… La fille tombe amoureuse du héros qui touche sa poitrine où voit sa culotte par accident. Oui, ce genre de situations oniriques existe dans certains mangas.

Mais ce n’est pas une comédie AMOUREUSE c’est un manga COMIQUE »

Ainsi commence He is my Master…

Bon en fait c’est ce que j’aurai aimé dire, mais c’est totalement faux vu que c’est carrément à la fin du premier volume. Mais je trouve que ce joli pied de nez à un des clichés du manga était vraiment marrant et qu’il méritait d’être cité en intro. Bon certes sans les images ça perd de son impact, mais je vous pouet pouet ! Alors sinon docteur, qu’est ce que c’est qu’He is my Master ? Et bien ce n’est pas sale figurez vous ! Mais revenons à nos débuts, quand les filles étaient encore toutes innocentes, où les hommes partageaient leurs cotes.

Mon premier contact avec le manga fut son adaptation en série que j’ai découverte grâce à mes recherches fort poussées dans le monde de la Japanimation et du manga. Ou en des termes plus honnêtes : j’crois que je suis tombé sur un doujin hentaï de ce truc là. Du coup j’ai maté quelques épisodes et j’étais pas plus transcendé. En tout cas pas assez pour voir la suite. Mais pas non plus dégoûté, au point d’avoir eu l’impression d’avoir perdu 10 ans d’espérances de vie (à vous faire regretter de ne pas vous être drogué plus étant jeune) mais on s’égare. Donc quand j’ai su qu’à la base il s’agissait d’un manga je me suis penché dessus avec quelque curiosité. D’autant que l’accroche du truc est on ne peut plus claire : « Du fanservice astiqué au plumeau », ou quelque chose du genre. Et comme slogan c’est quand même sacrément osé ! Beaucoup d’œuvres font du fanservice, mais ça n’est jamais un argument de vente.  Au contraire ça semble être le bonus pas assumé et masqué par des scénarios parfois plus ou moins douteux, au lieu d’y aller carrément à fond (Katsura, Akamatsu, Urushihara, si vous me regardez les mecs !). Donc la on nous propose une histoire marrante dont la trame est coquine. Dites ce que vous voulez. Mais un tel postulat peut effectivement permettre quelque chose de drôle, à partir du moment ou c’est conçu comme tel. Parce que moi j’aime bien me marrer et je déteste pas quand c’est coquin. Alors si en plus les deux se marient bien ! Ca déboîte l’ouvre boite !

 
Donc qu’avons-nous  là ? Deux filles fugueuses, qui arrivent chez un jeune garçon, dont les parents sont décédées et qui est ultra riche. Il est seul, les recrutent comme serveuses, les forces à porter des tenues de soubrette et elles sont obligées de lui obéir pour gagner leur vie. Ajoutez à ça un crocodile obèse un peu pervers, une troisième Maid à tendance lesbienne et des couvertures de volumes aguicheuses… Le décor est placé, tout est conçu pour ce qu’on nous a promis. Et alors, ça donne quoi ?

 
Et bien c’est un manga COMIQUE ! Vous avez pas lu le début ou quoi ? J’avais pourtant pas mis vraiment de suspens. He is my Master ne contient pas de fanservice, mais alors pas du tout. Et oui regardez moi dans les yeux : je suis très sérieux. A côté Negima est un porno à tendance pédophile. Du coup, si vous étiez la pour ça… circulez y’a rien à voir. Car oui, l’ambiance environnante est un peu coquine, les gags le sont dans le fond, mais visuellement c’est le néant absolu. Le slogan des éditions Asuka n’était qu’un foutu mensonge ! On s’est fait floué ! Ou alors a force d’astiquer, tout s’est barré! Mais alors, qu’est ce qui reste dans le fond ?

Et bien un titre plutôt marrant avec un dessin à tendance kawaii mais sans verser dans le niais. Moi je me suis bien marré en tout cas et je ne m’y attendais pas vraiment. Et c’est la ou l’on reviens à l’intro de mon texte : He is my Master tourne en ridicule quelques poncifs du genre et le fait plutôt intelligemment. Le titre sait exactement qu’avec son thème et le fait que les héroïnes sont habillées d’une façon bien particulière, va attirer un public bien particulier et risque vite de se faire cataloguer dans un genre bien particulier. Et c’est pour ça qu’au final on est agréablement surpris de voir qu’il se débarrasse rapidement de tous ces préjugés. Et moi je dois dire que j’ai été déçu que y’ai pas de fans… heu j’ai été bluffé par tant de maîtrise et d’humour !

Donc au final on a un titre bien frais, bien rigolo et qui ne se prend pas trop la tête. C’est surprenant non ? C’est d’autant plus surprenant, vu que l’anime a complètement perdu la finesse de l’original et se contente d’aligner gentiment les gags en foutant… du fanservice bah oui… Ou alors c’est l’ULTIME dérision ! Mais j’y crois pas. Venant du studio Gainax, c’est décevant. Alors qu’à l’époque ça aurait été les premiers à donner un truc génial de cette adaptation.

C’est sur qu’au delà de la dérision et de l’humour franchement original, on se retrouve finalement avec un manga comique assez classique dans sa narration. Uniquement composé de petites péripéties sans rapport, avec à chaque fois un nouvel élément perturbateur et tout ces trucs un peu bateau. Mais pour avoir réussi à nous piéger comme ça, c’est déjà un excellent gag. Et qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

He is my Master, c’est joliment marrant.


par Chevalier Shakka publié dans : Shonen tu t'fend la poire communauté : Les critiques Manga
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Dimanche 8 juin 2008
Réalisation: Takahiro Imamura
Nombre d'OAV: 5


L'Ere de Raoh, c'est rigolo!

Je ne sais pas si vous le saviez, mais y’a Ken qui est sorti au Cinéma en France. Oui oui ! Dans les salles obscurs ! Pour son anniversaire, une nouvelle série de films a carrément l’honneur de passer sur grand écran. Enfin… le premier d’abord, les autres c’est pas gagné. Mais pourquoi un tel privilège ? Il y a tant de grands films d’animation Japonaise qui sortent quasi de façon anonyme en DVD. Alors pourquoi Ken ? Réponse facile : pour jouer sur la nostalgie, parce que Ken ça a marqué (pas forcément en bien) une génération et que donc ça va les pousser à aller au cinoche. Et comme je venais d’acheter le manga, réédité chez Asuka, que je n’avais jamais lu, je me suis dit que le film serait une bonne façon de me remettre dans le bain. C’est donc avec un peu de nostalgie, beaucoup de curiosité et un brin de plaisir coupable (ouaaais des bastons ou ça gicle !!!) que j’ai pénétré dans la salle numéro 2 de mon UGC. Et bien j’ai beaucoup ri, j’ai pas tout compris et j’ai plus de rimes en « i ». Alors attention ! Voici mon avis sur Ken le film ! Et je vous préviens ! Je vais spoiler à mort !

Déjà je suis incapable de vous dire ce que c’est : un film inédit, un résumé des moments clefs, une suite, un truc parallèle… J’en sais rien. Mais une chose est claire : ceux qui ne connaissent pas l’histoire à l’origine sont baisés. Le film se fout royalement du spectateur lambda et se permet de prendre des raccourcis et des facilités scénaristiques énormes. Ouais ben moi, ça me pose un problème. Quand je vais voir un film, j’aime qu’il se suffise à lui-même et que je n’ai pas besoin d’avoir lu les 50 tomes, fini le jeux vidéo, maté toutes les OAV et j’en passe. Mais à ce que j’ai compris de ce que j’ai vu : c’est un condensé de Ken, et donc en théorie c’est compréhensible par tous. Heu probablement mais j’ai du en échapper quelques petits bouts.

D’ailleurs le film commence de façon surfaite avec une voix-off qui explique vite fait des trucs qui sont en fait essentielles pour piger la suite. Après on découvre un Ken jeune, qui doit buter 10 gars pour pas mourir (mais c’est un rituel), entouré de Tofu, baguette, Raoul, Marcel et l’aveugle. Nan mais vous déconnez là ? Tous les personnages principaux, autours desquels se base l’intrigue sont cités à l’arrache, vu deux plans rapidos, mais faut bien retenir leurs noms et leurs visages car ils sont essentiels ! Hé les mecs ! Ca fait pas 5mn que le film a commencé et faut déjà que je retienne tout ça ? D’autant que c’est pas signalé, on a l’impression que c’est juste une intro comme ça. C’est après, quand on voit qu’on comprend plus ce qui se passe, qu’on se dit que ça devait être important.

Donc au delà d’une histoire qui ne s’adresse qu’aux fans et qui laisse le néophyte sur la touche, on peut quand même profiter du spectacle. Et bien je me rappelle qu’on disait que les doublages de Ken avaient déformé l’œuvre et que c’est pour ça que c’était marrant. Moi je dis non ! Ken c’est marrant même en en Japonais. Je crois pas avoir vu autant de situation mal amenée, des dénouements tirés par les cheveux et des personnages sans crédibilité depuis longtemps. Faut que j’vous raconte cette scène mémorable de danse. Donc t’as Raoh il a gagné une bataille, c’est cool (oui parce que y’a une guerre). Mais il déprime et se ramollit. Alors t’as son bras droit, qui lui est mega fidèle, il a une surprise : une danseuse du pays pour le requinquer ! Donc elle danse ! Wah trop sexy (elle saute en fait, elle danse pas, trop cher à animer) ! Mais en fait c’est une tueuse ! Elle veut tuer Raoh ! Heureusement la sœur du bras droit yahaaaa elle la plante avant ! Et la Raoh se lève pas content et se tourne vers son bras droit : « T’as essayé de m’assassiner tarlouze ! », et l’autre répond « Mais nan Cousin ! La vérité je savais pas ! ». Alors Raoh pas content, il le tue. Donc la sœur elle est en pleure et va le brûler dans une barque, sur un lac (si si). Et donc Raoh il se pointe genre il regrette. La sœur elle est en pleure : « tu l’as tué sur un coup de tête ». Réplique qui tue : « Ouais ».Et c’est une minute plus tard que la sœur recevra une lettre : en fait il a fait exprès de se faire tuer, pour que Raoh il retrouve un peu la pêche. Ca c’est un copain.

Bon bien sur j’ai synthétisé et changé quelques lignes, mais dans l’ensemble c’est ça. Tout n’est qu’une succession de saynètes reliés sans grande cohérence, avec pas mal d’aberrations et très difficile à justifier. Genre une vieille dame dit à Ken que l’empereur c’est un méchant. Et bien suffisait de le dire ! Ken sors de la maison, marche 2mn et se retrouve devant l’Empereur (qui passait par la). Le fin du fin restera, à mon goût : le gag du somnifère. Ken il est blessé voyez ? Et pour qu’il récupère il faut qu’il dorme. Donc un de ses alliés il dit « On lui a donné un super somnifère ! Demain il sera sur pied ». Et la boum ! Ils se font attaquer ! Ah merde ! Ils ne peuvent pas réveiller Ken ! C’est ballot ! Donc ils meurent et Ken s’évade sur une barque. Vous inquiétez pas, ce sont des gens qui l’ont mis sur cette barque. Ils ont pas poussés l’incohérence à ce point. Ajoutez à ça des chialeries très régulières, sachant qu’avec leurs gueules quand ça pleure dans Ken, ça fait rigoler plus que ça nous émeut ; les sacrifices ; les morts à la con (je suis sur un champ de bataille, je joue avec un bébé dans mes bras et j’me prend 6 flèches dans le dos)… Ken c’est terriblement drôle, mais j’ai pas l’impression que c’était fait exprès.

Alors qu’est ce qui reste dans ce film me direz vous ? Quelques musiques bien sympathiques c’est vrai. L’animation par contre, elle laisse pas mal à désirer au début, mais il faut admettre que graphiquement, il y a une patte indéniable. Et Ken qui reste malgré tout au sommet de son charisme (avec un style lorgnant sur Guts parfois), il a la classe et évite de trop l’ouvrir, ce qui l’empêche d’être ridicule. En fait on a l’impression que c’est un personnage mega classe, perdu dans des situations ridicules. Mais faut admettre qu’il n’a jamais été aussi beau. Reste que les bastons sont décevantes : ça saigne pas des masses ; les premiers combats sont courts et peu impressionnants. Seul le final sur une sorte de pyramide vaut le coup d’œil. Mais franchement le final grand guignol finit de nous achever de rire (« Kenshiro ! Je te voiiiiiiis »).

Bon, je vais pas vous faire un dessin ! Hormis quelques trucs sympas qui surnage et le fait que le héros reste classe, il n’y a franchement pas de quoi s’extasier devant la bête. Ca semble être produit pour les fans, mais c’est pas non plus transcendant. Et l'excuse du trip nostalgique, c’est un peu léger. Un direct to video qui se paye le luxe du Cinéma… ça me laisserait indifférent si les sorties Anime n’étaient pas aussi rares dans nos salles obscures. En tout cas, j’espère que le manga est meilleur que ça ! Ce que je ne tarderai pas à vous dire. Ken 1 : l’ère de Raoh : ce film ne le sait pas encore, mais il est déjà mort.
par Chevalier Shakka publié dans : Hors-sujet mais pas trop communauté : Les critiques Manga
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